Le Chili : La Région Des Lacs, Pucon, Puerto Varas, Enseñada…

Du 4 au 12 Février 2013

Entrainement sportif à Pucon…

Notre premier voyage en bus de nuit se passe pour le mieux. On nous avait prévenu, les bus chiliens sont classes, mais nous nous attendions tout de même pas à ça – sièges supers confortables et inclinables, télé (en espagnol, sous titrée en espagnol… pour nous entrainer), un aide de bus très prévenant qui nous installe pour la nuit avec coussins et couvertures et même un petit jus avec un biscuit le matin. Nous ouvrons les yeux vers 6h avec une vision des plus féérique, les premiers rayons du soleil viennent effleurer la cime enneigée du volcan Villarica, magnifique ! Nous arrivons à Pucon avec 1h d’avance sur l’horaire et après renseignement à l’office du tourisme nous filons à la Casa Mario (12 000CLP la double, salle de bain partagée, casamario2008@hotmail.com) sur recommandations de Sophie et Anatole, un couple de chamoniards croisés en NZ. A notre arrivée Luis, le chef des lieux – avec sa femme Veronica – nous accueille chaleureusement et nous demande si ça ne nous pose pas de problème que la maison soit pleine d’israéliens… Cela nous surprend un peu, nous lui répondons pas de problème, bien sûr. Ensuite, Luis nous abreuve d’informations et de bons plans sur la région : pour faire l’ascension du volcan Villarica, les meilleurs endroits à visiter, les meilleurs ballades, les meilleurs empañadas, les meilleurs restos de la ville ; il met même des VTT à disposition gratuitement ! Nous siestons un peu et partons à la découverte de la ville. Pucon est une station balnéaire très prisée des chiliens à mi chemin entre la station balnéaire du sud de la France et le village de montagne. C’est mignonet cependant et les maisons en bois s’intègrent bien au paysage et que dire de la vue sur le volcan à chaque détour de rue ! La région regorge d’activités de plein air : ski l’hiver, ascension des volcans autour, rafting, canyoning, balade à cheval et on en passe… Nous faisons le tour des agences et décidons de ne pas faire l’ascension du volcan car nous ne pouvons pas y aller en solo sans montrer une carte de professionnel de la montagne. Y aller dans un groupe de 24 personnes en s’arrêtant tous les 100m pour la modique somme de 60€ par tête (au moins) ne nous intéresse pas. Nous préférons aller étrenner les parcs du coin, niveau rando il y a de quoi faire ! Le soir, nous comprenons la mise en garde de Luis : l’hospedaje est pleine à craquer de jeunes israéliens, peu soucieux des autres, qui mettent la guerre dans les salles communes jusqu’à pas d’heure !


La casa Mario, ornée de ses centaines de « gracias por todo » laissés par des générations de voyageurs…

Jurassique Parc Santuario El Cañi

Nous sautons dans le premier bus pour El Cañi (700CLP) et une demi heure plus tard sommes accueillis par un responsable de l’ONG chilienne, un peu endormi,
qui gère cette réserve naturelle. Il nous fournit une carte et nous donne quelques explications sur la faune (pics de Magellan, condors, sortes d’ibis etc.) et la flore du sanctuaire ; nous payons 3000CLP par personne l’entrée et c’est parti ! Le début de la rando n’est pas très agréable, le chemin monte dré dans l’pentu sur un chemin forestier grossier et poussiéreux. Après le refuge, le sentier s’améliore et traverse des forêts où nous découvrons les fameux araucarias, arbres préhistoriques qui auraient résisté aux dinosaures ! Quand on les observe de près, leurs feuilles font penser à des écailles piquantes, ça ne nous étonne pas qu’ils peuplaient déjà les forêts il y a 25 millions d’années. Au bout de 3 heures de grimpette (1000m de dénivelé jusqu’au Cerro 3 Picos !), nous arrivons à un mirador qui nous offre une vue à 360 degrés splendide sur la région, ses lacs et ses 4 volcans. Nous sommes seuls au sommet et nous profitons longuement du panorama pendant la pause déjeuner. Sur le chemin du retour, nous faisons une petite boucle (40 minutes) autour des lacs, puis une petite sieste – ici, pas un bruit… -, et revenons au point de départ après 2h de descente. Nous décidons de rentrer en stop, mais nous n’avons même pas le temps de tendre le pouce qu’on nous propose déjà de nous ramener à Pucon, sont sympas ces chiliens !


Une vue imprenable sur la région !

La vuelta chilena…

Aujourd’hui nous reprenons la petite reine, délaissée depuis l’Asie, pour un joli tour dans les environs. Notre première étape se fait à Los Ojos del Caburgua (500CLP pour piétons et 2 roues) où une rivière souterraine qui prend sa source au lac Caburgua ressort à cet endroit et forme, seulement en Janvier et Février, un grand puit naturel enfoui dans la forêt. Pour cette raison, il est préférable de ne pas y aller avant midi pour avoir une meilleure lumière sur l’eau bleue-verte. Nous continuons la piste TRÈS vallonnée jusqu’au lac Caburgua d’une limpidité incroyable. Nous pique-niquons, piquons une tête bien méritée (mucho calor) et finissons par piquer du nez… Le retour se fera par la route jusqu’à Quelhue, où nous bifurquons pour visiter la feria Mapuche. Sur place, nous sommes un peu déçus, nous pensions y trouver un musée et de l’artisanat des indiens, mais ce sont principalement des stands de bouffe et une cabane traditionnelle… Nous buvons un jus de fruits frais (framboise pour l’un, figue de barbarie pour l’autre, excellent !) et enfourchons nos bicyclettes pour un dernier effort jusqu’à la Casa ! Nous avons bouffé des kilomètres, 50 quand même, de la poussière et du soleil, nous sommes rincés ! Nous nous endormons sans mal malgré le boucan du capharnaüm d’israéliens et des odeurs de graillon qui émanent de la cuisine à minuit…


Los Ojos del Caburgua


Huerquehue, pour nous achever…

Debout à l’aube comme d’hab, nous prenons le premier bus (3600CLP l’aller-retour) pour le parc national de Huerquehue (4500CLP l’entrée pour les touristes, 2500CLP pour les locaux…), à une heure de Pucon. Nous décidons d’effectuer la balade des Cenderos Los Lagos, très agréable car assez ombragée, qui nous emmène à plusieurs lacs. Au début et à la fin du parcours nous croisons beaucoup de monde, mais une fois de plus, lorsque nous empruntons le sentier qui s’élève et s’écarte du chemin classique, nous nous retrouvons vite seuls dans la nature (au milieu des araucarias), pour notre plus grand plaisir ! Au retour, nous prenons le temps de jeter un coup d’œil aux 2 cascades et c’est déjà l’heure de prendre le bus après une belle balade de 7h. Pour fêter ces trois jours de sport intensifs, nous nous préparons un bon apéro à base de guacamole maison et sauvignon blanc du cru, pas mal du tout (à moins de 3€ la bouteille…).


Moment paisible au bord d’un lac.

Nous faisons une bonne grasse mat’ et disons au revoir à Luis, « gracias por todo », et prenons le bus pour Puerto Varas à midi (9000CLP pour 6h).


Puerto Varas : la bonne auberge.

Nous arrivons ver 19h à destination et nous mettons en quête d’un hébergement. Ce n’est pas facile, la ville est très prisée des estivants chiliens, toutes les hospedajes affichent complet. Par chance, un réceptionniste français travaillant dans l’une d’elle, nous trouve une place à l’Hostal Vermont (9000 CLP le lit en dortoir tout de même…). L’accueil dans cette auberge pleine de charme par une troupe de jeune est très chaleureux. On nous enrôle pour la soirée « fajitas-téquila » du soir même. Le diner est copieux et très bien préparé, nous passons un excellent moment en faisant connaissance avec les autres routards. Autour de la table -chiliens, américains, autrichiens, écossais, australiens, tchèques, allemands -, chacun y va de son anecdote de voyage, on aime !

Aujourd’hui, journée tranquille, nous faisons un tour pour découvrir la petite station balnéaire sur les bords du lac Llanquehue dominé par le volcan Osorno. Nous atterrissons ensuite à l’inévitable musée Pablo Fierro (entrée libre). Nous découvrons avec ravissement ce bric-à-brac formidable, constitué de vieilleries et d’une collection de toiles de l’artiste. La pluie s’invite nous nous rapatrions à l’auberge où nous passerons le reste de la journée à parler voyage avec Fanny et Nico, des routards au top, des grenoblois… Nous sortons rapidement en fin de journée quand le soleil nous fait l’honneur de sa présence. Nous en profitons pour ramener un plat de pastel de choclo (typiquement chilien, sorte de hachis Parmentier à la purée de mais) et deux énormes parts de kuchen (tarte chilienne). La soirée se passe autour de la table commune à écouter d’autres anecdotes rocambolesques de voyage de deux pêcheurs-kayakistes-varappeurs hollandais.

 


Osorno fait une apparition en fin de journée.

Enseñada : pluie et bouffe.

Nous nous levons sous la pluie et prenons la direction d’Enseñada à 50km de Puerto Varas en minibus local (1200CLP). Nous demandons au chauffeur de nous arrêter au kilomètre 40,5 à l’auberge Escala II, recommandée là encore par les chamoniards, pour sa table exquise… Les prix ont un peu gonflé, 14 000CLP par tête après négociation au lieu de 10 000CLP, haute saison oblige… Cela comprend quand même el desayuno (le petit déjeuner) et la cena (le diner), on se laisse vivre ! La pluie continue de plus belle, à part une petite balade jusqu’au bord du lac – Llanquehue toujours -, nous suivons scrupuleusement la prescription del Señor Luis : REPOS ! Le soir, nous partageons un excellent repas (avec un gros morceau de viande !) avec un routard italien ; la discussion se fait en italien, espagnol et anglais, nous en perdons notre latin !


Enseñada n’est pas un village à proprement parler, mais une route bordée de logements qui mène notamment aux saltos del rio Petrohué, notre destination du jour. Même si le temps n’est pas à la fête (vent et pluie), nous prenons les sacs à dos et sautons dans un minibus (700CLP) qui nous dépose à l’entrée des cascades (1500CLP l’entrée). En temps normal, d’après le Routard, « un torrent émeraude taille son lit dans une roche volcanique noire, encaissée dans une végétation d’un vert profond ; à couper le souffle ! ». Bon, nous n’avons pas vraiment le même tableau sous les yeux, à cause des fortes précipitations, l’eau est plutôt marron et la palette de couleurs s’arrête aux nuances de gris… Bref, c’est pô l’extase, on s’casse ! Nous tendons le pouce pour arriver à l’entrée du Parque Nacional Vicente Pérez Rosales, le plus vieux du Chili. Son principal attrait est le lac Todos Los Santos, qui peut se traverser en bateau, mais nous voulons faire une petite randonnée jusqu’à un point de vue, en espérant que le temps s’améliore. Mais il n’en n’est point pas du tout ! Au bout d’une heure, trempés, « karshérisés », nous rebroussons chemin et rentrons nous mettre au chaud. Nous bouquinons une bonne partie de l’après-midi en humant les bonnes odeurs du repas du soir qui s’échappent de la cuisine en bas. Au menu, salade de saumon et truite. Un régal.


Los Saltos, avec les gouttes sur l’objectif pour faire vrai…

Puerto Montt : escale (gourmande) vite fait.

Nous quittons la Escala II après le petit déj’ de pains et confiture maison et de queso de campo (fromage) puis tendons le pouce au bord de la route. Un routier s’arrête et nous emmène jusqu’à Puerto Varas. Nous parlons beaucoup, il est très curieux, notamment sur comment est vu son pays par les européens. Nous prenons ensuite un minibus (800CLP, 30 minutes) pour Puerto Montt. Nous déposons nos sacs à la consigne (2000CLP par sac) et partons à la découverte de la ville. À la sortie de la gare nous tombons sur un beau défilé d’uniformes, le 12 Février c’est la fête de l’indépendance. La cité portuaire n’est certes pas très belle, mais il y a de la vie dans la rue, dont pas mal de musiciens – cornemuse, flute de pan, accordéon, harpe etc. Et puis on trouve quelques endroits sympas comme le Meli Pulli (sorte de mini-village artisanal), les marchés d’artisanat et le port Angelmo. C’est ici que se concentrent de nombreux restos-cantines (cocinerias) sur pilotis où l’on peut déguster des plats de crustacés et de poissons. Notre choix se porte sur le plat typique du coin le curanto. L’assiette énorme est composée d’une saucisse, un bout de jarret, un bout de poulet, une patate, des coques, deux galettes-beignets et d’énormes moules… On se régale, ça cale, mais on vient à bout de nos auges au plus grand étonnement de la cuisinière. Nous faisons ensuite quelques courses en prévision de notre futur treck (les prix flambent au sud…) et sautons dans une navette (2000CLP) en direction de l’aéroport. Notre vol pour Punta Arenas (65 000CLP aller-retour, environ 100€) est à 22h50.


Oh, énorme le curanto !

 

Brèves de voyage :

Une mamie dans la rue : « Ne demander votre chemin qu’aux policiers dans la rue, sinon vous risquez de vous faire voler… »

Luis : « Désolé pour le bruit, c’est à cause d’internet, ils viennent tous chez moi les israéliens. »

Luis : « Maintenant faut arrêter de marcher, pédaler, s’activer. Si vous aller à Torres Del Paine, il faut se reposer ! »

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